mardi 10 novembre 2009
Abracadabra,...
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mardi 3 novembre 2009
Février 2006, souvenirs.
Cliquez ici pour accéder à l'album photo.
" Je suis partie là où l'on Vit, en Haute-Savoie, dans les 1m de neige du haut des 1200 mètres de montagnes.
Là, on m'appelle "ma grande" depuis mes 5 ans. Les Cornettes, c'est ma maison, c'est un peu la grande maison de tout le monde. On va, on vient, on dit bonjour à n'importe qui, et l'on se parle naturellement, parce qu'on partage ce même lieu, ces mêmes moments, enhardis par les ondes chaleureuses de la montagne.
"Je ne te demande pas ce que tu veux boire...je t'apporte ta grenadine".
" - Oh my god !
- Tu peux m'appeler Chris "
Les petits déjeuners se font au crépitement du feu de bois, et aux impatiences des enfants de jouer dans la neige. Les déjeuners se passent avec leurs piaffements et leurs farces, qui entraînent tout le monde dans de tendres fou-rires au bar.
La journée, le Mont de Grange et les Cornettes de Bise sont au rendez-vous, souvent dans un bain de soleil et un ciel plus bleu que bleu. Les petits sentiers qu'on arpente, jamais on ne les connaîtra comme nos poches, car la montagne réserve toujours ses surprises, ses petites gouttes d'eau que l'on n'avait jamais vues, ou cette grosse pierre jamais remarquée.
Au dîner dans la salle pleine l'on se sent protégé au milieu des rires, du plafond en bois, des enfants qui vont et viennent, de la chaleur, des décors montagnards et de la lumière qui laissent entrevoir qu'il neige encore sur nous et les grandes Dames. Un soir, la musique retentit et l'on se déchaîne en criant, chantant, dans une vieille ferme et en faisant retentir des pas montés sur les chaises.
Et le matin du départ, retentissent les « à l'année prochaine, peut-être ! » de personnes requinquées pour longtemps -au moins-, et les sourires sereins se mêlent à un très joli : "Ah vous savez, il faut parfois rentrer pour pouvoir repartir ".
Alors, comme toujours, sur le trajet du retour, on en revient à la même conclusion : ne pas trop se dire « je serai heureux », « j’étais heureux », mais « Je suis heureux »; on veut vivre au jour le jour, à la minute la minute, à la seconde la seconde, dans le moment présent, juste en sachant qui l'on est, et qui et ce que l'on aime.
Il y a des instants dont tu ne veux pas perdre une seconde, des endroits où tu te sens chez toi, tu te sens toi, vrai. Là tu vois qui tu es, tu te trouves, tu sais ce que tu aimes, où est ta place et pourquoi tu vis."
samedi 24 octobre 2009
Hello
J'aurais bien voulu que ce stage ne s'arrête jamais. Ils vont me manquer, beaucoup. C'était une école de village, entourée de champs. On entendait même des vaches. A la récréation, on apportait le plateau café-tisane-viennoiseries-petits-gâteaux-au-beurre-salé. Le dernier jour, ils m'ont tous fait la surprise de remplir le tableau noir de coeurs et d'au-revoirs. Je suis repartie avec une pochette pleine de dessins et de lettres, le coeur au chaud et la larme aux yeux, après leur avoir lu une histoire-douceur : Première Année sur la Terre. Je leur ai dit qu'ils me manqueraient, que je penserai à eux, et qu'à tout moment je pourrai me rappeler qu'une école et des enfants comme cela, c'est possible, "Ça existe". Rien que pour eux, cela vaudra toujours la peine de continuer.
Un petit cadeau : ma version préférée de Chupee, de Cocoon. Les CM2 au chant, xylophone et tambourins, leur maître au ukulélé et une maîtresse à la guitare :
2009.10 - Cocoon - Chupee, ma version préférée ;) from Anne. on Vimeo.
lundi 19 octobre 2009
Scientifiquement vôtre.
Je me délecte à leur donner des interros, mettre des notes et des appréciations et entendre les cris de joie quand ils constatent qu'ils ont eu un " A
". (Le smiley est ô combien important).
Dans leur interro de sciences à propos du jour, de la nuit, de la Terre, du Soleil etc, je leur avais proposé cette énigme, avec les questions ci-après :
"Je suis l'heureux papa de huit enfants qui dansent autour de moi. Je leur ai donné à tous des noms de dieux et déesses. La deuxième de mes filles est la seule à avoir donné naissance à la Vie."
a) Qui est l'heureux papa ?
b) Qui sont les huit enfants ? Connais-tu leurs prénoms ?
c) Qui est la fille qui a donné naissance à la Vie ?
Voici les réponses données par une demoiselle :
a) L'heureux papa est le papa des 8 enfants.
b) Les 8 enfants sont les enfants de l'heureux papa, non je ne
connais pas leurs prénoms mais ce sont des prénoms de dieux et déesses.
c) C'est la deuxième fille.
C'est pas faux...
vendredi 16 octobre 2009
Sur la route
Aujourd'hui, j'ai pris en main une séance de sciences, et une autre d'allemand. Ils viennent maintenant spontanément vers moi pour que je corrige leur copie, et poussent un "Ouaaaaiiiii !" quand je m'avance au tableau pour commencer un cours. Cela a quelque chose de réellement libérateur, de se retrouver face à 19 petits élèves aux aguets, qui demandent qu'on les intéresse. J'oublie tout l'extérieur, je ne pense qu'à eux et à ce qui m'aurait fait trouver l'école géniale, à leur place. J'en ressors en relativisant des choses de la vie.
Ca y est, je suis lancée, et j'adore ça : je suis sûre d'avoir trouvé ma voie.
jeudi 15 octobre 2009
Petit plaisir
Aujourd'hui, après le premier cours de ma vie à des élèves, l'adorable Julie, 10 ans, m'a dit : " En tout cas, tu feras une très bonne maîtresse.". Ca m'a touchée.
mercredi 14 octobre 2009
Exemplaires
Demain, je leur ferai moi-même une séance d'astronomie. Ce sera ma toute première expérience de maîtresse, et il me tarde, parce qu'ils sont exemplaires, ces CM2. Lorsqu'on leur pose une question, 19 doigts se lèvent en jappant pour répondre, le bras double de longueur et les fesses se décollent de la chaise. En plus, ils s'auto-régulent : ils se disent entre eux des choses du genre : "Mais taisez-vous, on ne peut pas travailler !", ou encore : "Eh, je te signale que quand quelqu'un distribue quelque chose, on dit merci.". Lorsqu'un élève ne sait pas répondre à une question, on entend des "Mais rhôô, mais, ttttttt !" excédés, de la part des autres.
Et en plus, ils chantent "Chupee" de Cocoon.
Edit jeudi 15 octobre :
Ma première expérience de maîtresse, c'était trop d'la boulette ! Des élèves intéressés, qui posent des questions, répondent aux miennes par des phrases impeccablement structurées et pleines de sens, me disent tout haut "En 1515 c'était la Renaissance" et m'énumèrent toutes les planètes du système solaire, ça, ça donne envie de continuer. D'ailleurs, demain, je remets ça en sciences et en allemand.
dimanche 11 octobre 2009
Sur le terrain
Demain débute mon premier stage en école. Je serai dans une classe de CM2 d'une école de campagne. Carnet de bord, appareil photo... tout est prêt. Bordel, j'espère que je sais encore poser une division correctement.
samedi 19 septembre 2009
Décomplexion
Je viens d'entrer à l'école des maîtresses. Une des premières
choses qu'on m'a dites, c'est : "Lisez des livres en plastique pour bébés
dans le bain. Décomplexez-vous.". Chien Bleu, Grelot mon chat, Tom-Tom et Nana, Martine petite maman... je retrouve le plaisir de la lecture.
Avant, je ne me sentais pas bien dans mes études de sciences de la vie et de la terre. Pourtant, je voulais vivre isolée dans la montagne avec les loups, à manger du lichen et des baies, et être une super-héroïne sauveuse d'ours polaires et de pandas. J'ai continué pour aller au bout d'un premier diplôme, nourrissant l'espoir que je me sentirai mieux au fil des années.
Ca n'a pas été le cas, alors il m'a fallu un déclic, qui n'a pas tardé à arriver, je ne sais comment. Peut-être simplement en faisant attention à moi. C'est comme ça que je me suis retrouvée à l'école des maîtresses. Ici, il y a des histoires de petits lapins et de chatons mignons à la médiathèque. Ici, on parle enfants, on pense enfants, on agit enfants, et la perspective de passer ma vie dans ce monde me plaît.
C'est décidé : je serai maîtresse, mais pas n'importe laquelle : je serai une maîtresse écolo, à former de petits super-héros écolos, sauveurs de tigres et de mouflons des montagnes.
Coucher de soleil volcanique
Un joli dégradé aux couleurs pas si habituelles, qui serait dû à la présence de particules dans la stratosphère, rejetées par l'éruption du volcan russe Sarychev en juin dernier.


















